Openoffice, un bon logiciel ?

Attention, le texte qui va suivre peut heurter les ames sensibles. Il est polémique et n’engage que la responsabilité de son auteur. Le logiciel libre, ou logiciel à code ouvert apparait être une bonne chose. Nous ne retracerons pas l’histoire du logiciel libre ici, c’est une trop longue histoire. Je vous conseille tout de même d’aller faire un tour sur wikipedia à ce sujet si vous ne savez pas ce que c’est.  Quoi qu’il en soit, initialement réservé à une catégorie de personnes ayant des compétences techniques poussées – je pense surtout au système GNU qui était au début de son histoire réservé à quelques hackers éclairés -  ou bien très motivées, il se démocratise depuis quelques années pour être accessible au plus grand nombre. On pensera peut être d’abord à Linux, mais finalement, maintenant, c’est surtout des logiciels tels que OpenOffice.org ou encore VLC, très populaire en france, qui font partie des logiciels libres les plus utilisés.    Dans les sphères où les informaticiens évoluent, il est souvent de bon ton d’utiliser du logiciel libre : gratuité, portabilité, phénomène de mode, engouement pour la communauté, bref, faire ou utiliser du logiciel libre, c’est bien. Une question reste cependant en suspens, question qui depuis longtemps m’interpelle : “Faut il préférer un logiciel libre, ou simplement un logiciel qui répond à nos attentes fonctionnelles et techniques ?”.  

J’ai déjà parlé du logiciel libre, qu’entendons nous maintenant par attentes fonctionnelles et techniques ? Une ébauche de réponse naive pourrait être “que le logiciel m’aide à résoudre des problèmes simples ou complexes”. Ainsi, le “ou” de la problématique précédente n’est pas forcément un ou exclusif : en effet pour certains logiciels, être en posséssion du code source (à condition que ce dernier soit clair, compréhensible et concis) m’aidera à mieux cerner les enjeux de la résolution de mon problème. Exemple simple : je cherche un script pour ajouter un utilisateur dans une base de données, je le trouve, il est simple efficace, quand je le lis je le comprends tout de suite, cela m’aide à comprendre le fonctionnement du script, je suis donc en mesure d’appréhender sa complexité, d’automatiser des taches ou meme de corriger des bugs. Pourquoi ? Car le script était simple et bien écrit. Prenons maintenant l’exemple d’openoffice : un logiciel qui, rappelons le n’était pas du tout open source à la base (ah les doux souvenirs de staroffice et son deuxième bureau…). C’est pour moi l’archétype d’une des plus grands pièges de l’open source d’aujourdhui : le but premier n’est pas d’innover et de produire quelque chose d’intéressant, mais seulement de récupérer des parts de marché à des logiciels propriétaires déjà implantés. La méthode est imparable :

  1. On sonde les utilisateurs pour connaitre les possibilités offertes par le logiciel propriétaire concurrent les plus utilisées
  2. On les reproduit, souvent d’une facon dégradée
  3. On obtient une vile copie du logiciel propriétaire en question, lente, sous efficace, et cerise sur le gateaux, dénuée de toute ergonomie.

L’exemple suivant est alarmant : nous avons eu la chance d’avoir recu des cours d’informatique dite “outil” au lycée : on nous apprenait les bons usages des logiciels de traitement de texte structurer son document avec le mode plan par exemple. Le mode plan n’existe pas sous openoffice. A quoi bon intégrer cette fonctionnalité alors que l’on peut parier que moins de 1% des utilisateurs utilisent régulièrement le mode plan pour formater des documents ?Mais j’oubliais, il vaut mieux se concentrer sur l’intégration de nouvelles polices de caractères comme le comic sans MS pour que la ménagère puisse rédiger ses cartons d’invitations pour l’anniversaire du petit dernier… Le lecteur éclairé se fera tout de suite la réflexion : comment se permet-il de critiquer ? C’est gratuit, et en plus open source. Si je ne suis pas content, je n’ai qu’à contribuer. Très bien, imaginons que je veuille contribuer. Un seul problème : la condition de simplicité décrite précédemment n’est pas remplie. Je ne peux donc pas facilement mettre les mains dans le code d’openoffice et ajouter cette fonctionnalité. Je n’ai pas peur de le dire : je préfère mille fois utiliser Microsoft Office à Open Office pour rédiger des documents. Certes openoffice travaille sur des standards de formats, sur le respect des standards informatiques. Qu’en est il des standards ergonomiques ? Pas besoin, il suffit de copier l’ergonomie d’autres logiciels de bureautique (je rassure le lecteur en signalant que je n’utilise ni OpenOffice.org ni MS Office). Ne désespérons pas. Le logiciel libre ouvre des portes à des potentiels de créativité et d’innovation sans limite. Je prendrai l’exemple de LyX, pour le cas  de la bureautique. Ce logiciel bien que n’étant pas une révolution, tente une nouvelle réflexion avec le concept de Wysiwym (What you see is what you mean). C’est là le parfait exemple d’un logiciel ou la réflexion prime à la copie pure et simple d’un logiciel du marché. La complexité poussée à outrance d’un logiciel libre est donc un de ses plus gros défauts. Un logiciel libre dont le source nécessite plus d’un mois de lecture même à un informaticien ou à un étudiant en informatique est il ecore vraiment libre ou ne fait il pas que nous prolétariser autant qu’un logiciel propriétaire ?

Si une esquisse de conclusion peut donc se faire, que laisser un logiciel libre concu d’une facon simple et modulaire est le seul moyen de ne pas prolétariser les utilisateurs. Il est donc essentiel de développer des API simples et efficaces, basées sur des modèles compréhensibles par tous…

D’ailleurs sans vouloir lancer de troll, une vieille rumeur de l’internet serait que stallman commanditerait les développements de GCC pour que ce dernier reste le plus abscon et le plus monolithique possible pour que ce dernier ne puisse pas s’interfacer facilement avec des logiciels propriétaires :

http://gcc.gnu.org/ml/gcc/2007-11/msg00193.html 

5 Responses to “Openoffice, un bon logiciel ?”

  1. David says:

    Eyh, joe, I agree with that !

  2. Pidgee says:

    Petite info, le mode “plan” existe bien dans le traitement de texte de la suite OpenOffice. Peut être moins intuitif que dans la suite de Microsoft, tu peux la trouver en cliquant sur la rose des vents bleue de la barre d’outil et s’intitule “Navigateur”.

    Maintenant quand à la lisibilité du code… Et oui, c’est à l’école qu’on apprend qu’il faut commenter le code source. (C’est comme les limitations de vitesse sur la route… on sait qu’on devrait les respecter ;oD ). Mais quand on donne son temps bénévolement pour faire avancer un projet informatique je veux bien croire qu’il peut être difficile de trouver une 26ème heure dans la journée pour ajouter les commentaires lorsqu’on veut avancer au plus vite pour ajouter les fonctionalités demandées.

  3. Salut,

    Pour moi aussi, l’absence de mode plan dans Open Office me faisait fuir ce logiciel – et je préférais coder en HTML+CSS

    Cependant, j’ai découvert que le mode plan existe, comme le dit un précédent commentateur. Enfin, pas vraiment un mode plan comme dans Word (je suis Microsoft Word 2000 User Specialist), mais quelque chose d’approchant. Tu invoques le navigateur en appuyant sur F5.

    En revanche, quelque chose que je ne trouve nulle part, c’est la modification du code source qui était disponible dans WordPerfect. Je n’ai jamais eu l’occasion d’essayer, mais en tant que codeur, j’aime nettoyer la boullie que font les éditeurs WYSIWYG.

    De plus, Word a la possibilité de sélectionner toutes les occurrences d’un style. Je n’ai rien trouvé de tel dans Open Office. De même, impossible de renommer les styles par défaut. Je trouve aussi que certaines options sont mal fichues, on sent que c’est de l’approximatif. Exemple : on peut éditer le style d’un paragraphe pour avoir une numérotation, mais pour modifier les textes avant et après la numérotation (l’équivalent d’un h2:before content=”toto” en CSS), il faut passer non pas par la modification de style de puce, mais par la modification de puce tout court – et ensuite, Open Office met à jout sur les autres styles tout seul – même et surtout quand vous ne voulez PAS mettre à jour sur tous les styles (quand vous ne voulez qu’un seul style.

    L’accès au code source aiderai probablement beaucoup (autrement qu’en modifiant le XML à la main). Il y encore des choses que je peux faire en CSS que je ne peux pas faire avec Open Office. Il y a du progrès, mais peut mieux faire.

  4. Olibrius says:

    Je ne vois pas me moindre rapport entre le Navigateur (F5) et le mode plan de MS Office. Le second sert, comme sont nom l’indique, à saisir et structurer un plan avant de rédiger, le premier se content de faire des statistiques de contenu sur le document une fois celui-ci rédigé. Autant vouoir comparre un index et une table des matières !

  5. Cotech Sàrl says:

    Comme tous les informaticiens et il vaut mieux utiliser un logiciel libre mais pas un simplement logiciel qui répond à nos attentes fonctionnelles et techniques. Il y a encore des utilisateurs préfèrent mille fois utiliser Microsoft Office à Open Office pour rédiger des documents, ça c’est l’habitude.

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