La crise financière expliquée par Georges Ugeux
La quantité d’information relative à la crise est en ce moment très importante, mais peu de journalistes sont en mesure de faire une analyse transversale des évèneements. Voici une très bonne analyse de Georges Ugieux, l’ancien directeur de la bourse de New York.
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on Thursday, October 9th, 2008 at 3:13 pm and is filed under Uncategorized.
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Son discours a en effet été intéressant, mais il y en a un peu marre des mecs qui y étaient et qui déclament aujourd’hui, “moi je les avais prévenus !”. C’est une preuve que ce qui se passe est grave quelque part, mais c’est aussi la preuve de leur lâcheté et de leur avidité : tant que ça marche, “on ramasse le max de fric et on la ferme”…
[...] aujourd’hui ; comme le rappelait récemment Georges Ugeux (ma video de chevet en ce moment, dénichée par Johan), les données des transactions boursières sont tenus comme confidentielles : il faut qu’il [...]
Merci à la compétence de Georges Ugeux
Mais pourquoi tant d’inefficacité dans la gestion de la crise financière ?
Je résume en quatre questions :
***********Question 1 : Quelle est la situation ?***********
Il y a excès de liquidités circulantes du fait d’un maintien des taux bas.
L’excès de liquidités facilite la déconnection entre la valeur de spéculation et la valeur intrinsèque. La crise est le retour à la vérité de la valeur intrinsèque.
Par exemple, le prix d’acquisition d’une PME non cotée en Bourse est en moyenne de 7 fois sa marge annuelle. Si les entreprises du CAC 40 étaient cotées sur cette base, le CAC 40 serait à 2400 points, à comparer avec un CAC 40 qui demeure encore au dessus de 3000 points après son effondrement.
L’argent n’est pas une valeur en soi, il est une représentation de la valeur intrinsèque. Or en l’état actuel l’argent est surabondant par rapport à la valeur intrinsèque. Il se place donc tantôt dans les sociétés internet, tantôt dans l’immobilier, tantôt dans les matières premières. Les masses d’argent surabondantes se déplacent de façon erratique, et la bulle éclate à chaque fois puisque le prix est détaché de la valeur intrinsèque.
***********Question 2 Comment en est-on arrivé là ?***********
Les banques de second rang ont toutes payé leur argent au même taux auprès des banques centrales. Ce qui fait que les banques qui ont pris plus de risques se sont en réalité fait financer leur risque par les banques plus prudentes.
Comme le risque est collectivisé, les banques peuvent emprunter sans entraves par exemple à 4% pour placer à 14%, sans tenir compte des règles prudentielles, et quels que soient leurs fonds propres.
***********Question 3 Comment faire payer le risque ?********
Comment faire payer le risque pour sortir de ce collectivisme, et restaurer la responsabilité propre aux mécanismes de marché ?
La meilleure mesure du risque global pris par une banque est le rapport entre ses fonds propres et ses encours.
Donc je propose que les banques centrales appliquent aux banques de second rang un taux directeur proportionnel au rapport entre l’encours et les fonds propres.
Chacun paie son risque.
********Question 4 Comment faire quand le risque de faillite bancaire se réalise ?********
La deuxième proposition que je fais, est que la majoration de taux appliquée aux banques à risque alimente un fonds d’indemnisation des clients.
En cas de faillite de la banque, la banque est soit revendue à une banque plus saine, soit mise en faillite avec remboursement des clients par le fonds d’indemnisation.
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….Mais nous sommes loin d’aller vers ces solutions !…
Actuellement, on remarque que la baisse coordonnée des taux sur les banques centrales accélère la baisse des marchés boursiers. C’est normal, car la baisse des taux accentue l’excès de liquidités. Et les analystes patentés s’étonnent !
De plus, les européens réunis le 12 Octobre 2008 à l’Elysée sur la base des idées de Gordon Brown se sont mis en tête de garantir les prêts interbancaires, qui ont un effet multiplicateur de six ou sept sur les surliquidités. C’est encore plus idiot que de baisser les taux.
Les acteurs de l’intérieur du système sont de toute évidence englués dans une incapacité de saisir une vue d’ensemble.
D’ailleurs, essayez d’éteindre un incendie en l’arrosant d’essence. Je vous prédis que vous aurez des difficultés.
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Dès le 11août, je détaillais ces mécanismes : http://projeteuropeen.blogspot.com/2008/08/matrise-des-crises-montaires.html Certes, ce texte est peu pédagogique, mais au moins tout y est.
Sylvain JUTTEAU