Très à la mode en ce moment : calculer l’impact environnemental de certaines mesures. On peut s’adonner à l’exercice avec la loi HADOPI :
Deux cas de figure se présentent à nous :
Premier cas:
Les citoyens respectent la loi, et s’adonnent à l’achat de Disques Compacts :
- Quel est le cout environnemental de la presse d’un CD ?
- Quelle est l’empreinte CO2 des divers circuits de livraison ?
- Quel est le cout environnemental de l’électricité nécessaire à la promotion dans les magasins et à la vente de ces mêmes CDs ?
- Si les citoyens font des achats en ligne, quel est le cout environnemental lié au fonctionnement des serveurs des revendeurs, le surcout engendré par le cryptage de la transaction financière ?
Deuxième cas:
Une majorité des internautes ne respectent pas la loi:
- Quel est le cout environnemental nécessaire à l’envoi des E-mails de prévention ?
- Quel est le cout environnemental néceassaire à l’envoi d’une lettre en recommandé ?
- Quel est le cout environnemental lié à toutes les couches d’encryptions que les internautes aiguisés vont mettre en place (plus de temps processeur nécessaire, plus de données à transmettre) ?
Mise à jour du billet :
Début de réponse, un bureau a fait une étude qui montre que le CD est neuf fois plus couteux pour l’environnement que le téléchargement :
http://www.wspgroup.com/upload/Digital%20Software%20Distribution.pdf
Excellente réflection ! Je tweet ça, c’est génial !
Intéressant. Je rajouterais ce qui sera je crois le plus gros consommateur d’énergie: les serveurs des systèmes de surveillance des échanges sur les réseaux, les fameux “sniffers” que les sociétés détentrices des droits sont sur le point de mettre en route (cf. advestigo.com)
Pour aller encore plus loin, on peut se demander le coût environnemental que le projet de loi a eut (papier, déplacement des députés, couverture média), sans parler de l’implication des interlocuteurs extérieurs (qui a dit FAI?). Les manifs’ sont un autre point intégrable…
Outre les serveurs des systèmes de surveillance, il faut aussi penser à la banque de mémoire nécessaire pour enregistrer que x a eut une lettre, y un e-mail, z a encore 3 mois à tirer avant la quille (et le système à mettre au point pour la gestion coupage-remise du net), les coûts liés à d’éventuelles poursuites (trajets, papier) ou encore aux remises en questions de certains des accusés/prévenus…
A présent, on peut aussi se dire, si les internautes français jouent le jeu, quel sera le gain environnemental de la baisse d’utilisation de la bande passante à des fins de téléchargement (impact sur la BP plus ou moins atténué selon le modèle économique sur support physique ou numérique). Si les internautes français ne jouent pas le jeu… eh bien… on a les coûts environnementaux Hadopi PLUS les coûts environnementaux normaux liés au téléchargement.
La classe… :p
D’un côté, si il n’y avait pas HADOPI, il y aurait quand même des téléchargements, la seule différence c’est qu’ils seraient illégaux …
@Silma: J’ai abordé ce sujet en posant la question du surcout environnemental lié à l’encryption du téléchargement. Un téléchargement encrypté coute plus cher qu’un téléchargement non crypté.